L’économie du crowd, du partage & de la relation

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28 octobre 2015
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L’économie du crowd, du partage & de la relation

Quels rapports peut-il bien exister entre toutes ces « économies » qui ont un dénominateur commun : la foule ?

L’économie du crowd, du partage & de la relation

L’ économie de la foule n’est pas un concept très répandu dans la langue française. Entrez l’expression dans le moteur de recherche Google et vous récolterez en pole position un article de l’incontournable Wikipedia intitulé « Economie morale ». L’économie de la foule serait donc liée à la moralité ?
Les premières lignes de l’article nous renvoient à l’« économie morale de la foule », un « concept dû à l’historien britannique E. P. Thompson, qui désigne un ensemble de pratiques et de valeurs politiques, infra-politiques et culturelles communautaires qui visent à la défense des intérêts de la communauté même sur le plan économique. ». Et l’historien de citer en exemple les pillages de magasins ! Hum… un peu éloigné de notre cœur de sujet…

Passons à l’anglais. Si nous lançons une recherche avec le mot clé crowd economy, la récolte est bien différente : les 2 premiers résultats renvoient à des sociétés privées négociant ce concept d’une façon ou d’une autre, le troisième à la page Wikipedia dédiée à l’expression exacte… en portugais !
La conclusion s’impose : il y a du pain sur la planche pour la crowd economy ou l’économie de la foule en matière de communication et de référencement…

Qui dit « foule » dit aussitôt « partage ». Quel rapport avec l’économie du partage, encore nommée économie collaborative ? Il s’agit d’une relation de pair à pair, entre individus qui s’auto-organisent pour créer un bien commun. Autant dire qu’Uber et Airbnb n’en font pas réellement partie… L’exemple le plus abouti à ce jour en est sans doute OuiShare, la « communauté internationale habilitant les citoyens à élaborer une société basée sur la collaboration, l’ouverture et le partage ». Voilà qui paraît assez excitant sur le long terme…

Si l’économie du crowd est une catégorie de l’économie du partage qui crée de la relation entre les individus, pourquoi ne pas aller voir du côté de l’économie de la relation ? L’industrialisation du 19e siècle a posé les bases des théories et des pratiques économiques actuelles, fondées sur l’impératif économique, l’angoisse essentielle du manque, la rivalité entre les individus, les organisations pyramidales, l’avoir vs le savoir-faire… en laissant de côté, voire en stigmatisant, les individus agissant comme des passeurs hors de la monétarisation du monde (les voyageurs, les conteurs…), perdant de vue l’interdépendance et l’équilibre entre les communautés, la prospérité collective, l’intelligence relationnelle, le fonds commun.

Cette économie de la relation, développée par la mutation digitale, « ouvre une alternative à l’économie classique de rétention, au moment où ce système atteint les limites de sa viabilité sociale et écologique » selon Jean-Alain Jutteau. Ou comment passer de l’économie de la rétention à celle de la relation, réfléchir au passage aux trois rôles « utiles » de l’homme : travailleur, citoyen, consommateur, et le redéfinir avant tout en tant que personne. « La course à l’avoir et à la taille reste le moteur des stratégies individuelles et collectives. Contre tout bon sens écologique et social, la croissance demeure l’obsession collective ».
Au coeur de cette économie et grâce aux progrès technologiques accomplis, nous pouvons jouer sur l’ubiquité et l’instantanéité : nous pouvons être ici et ailleurs en même temps (visioconférence), transférer des objets en les dématérialisant (impression 3D), partager et travailler des fichiers en ligne (travail collaboratif). Toutes ces actions, ces mouvements évoqués sont concrets, à la fois observables, enregistrables et analysables ; ils constituent la base des big data, une « nouvelle économie » à part entière, dont les modèles conceptuels sont actuellement en chantier. Il n’y a plus qu’à retrousser ses manches…

 

Petit glossaire du crowd-

Crowdfunding : mode de financement de projet par le public.
Crowdsourcing : utilisation de la créativité, de l’intelligence et du savoir-faire d’un grand nombre de personnes (Linux, Wikipedia, Foldit, NASA). Intelligence collective.
Crowdlending : financement participatif par le prêt auprès de particuliers. En France, les plateformes de crowdlending doivent avoir le statut d’IFP (Intermédiaire en Financement Participatif), et être immatriculées à l’Orias.
Crowdraising : (crowdsourcing + fundrainsing) co-financement (ou levée de fonds) en ligne par une communauté d’internautes disséminés géographiquement.
Crowdtesting : test d’un produit par une communauté d’utilisateurs non professionnels, qui vont en faire un retour précis.
Crowdthinking/working : partage collectif d’idées, de projets et d’entreprises (Google Image Labeler, Prezi)
Crowdspeaking : communication par la foule. Complémentaire du crowdfunding, il aide les porteurs de projets à avoir une bonne visibilité auprès du public pour qu’il ait envie de les soutenir.
Crowdmaking : processus permettant aux citoyens de se rassembler pour imaginer, co-créer et prototyper au travers d’ateliers collaboratifs des produits ou des services (Call for team)
Crowdmapping : établissement d’une carte thématique grâce aux informations géolocalisées taggées par les citoyens sur une plateforme afin d’informer, alerter et dénoncer.
Crowdspecting : utilisation du crowdsourcing pour inspecter ou vérifier un élément, une propriété ou une personne. Processus de masse en pair à pair (WeGoLook).
Crowdbanking : Nouvelle pratique des banques traditionnelles via la participation aux prêts collaboratifs dans le crowdfunding. Dilution des risques pour les banques.
Crowdinvesting :  forme de financement dans laquelle de nombreux individus (micro-investisseurs, investisseurs) financent des start-ups ou des PME, via la prise de participation au capital ou le prêt rémunéré.
Crowdsurfing (ou slam) : une personne saute ou se laisser tomber depuis la scène et se laisser porter par la foule. Attention à l’atterrissage !

C.A / agence CAP!

Sources : wikipedia / ACPR-Banque de France / miscellanees.net par Capucine Cousin / lenouveleconomiste.fr / Le Monde / Les Echos / urbandictionary.com / OuiShare

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